la jeune fée

la jeune fée
Mes bons amis, j'ai frémi bien souvent
A ces récits gravés dans ma mémoire
Qu'autour du feu, lorsque grondait le vent,
On nous contait, extraits d'un vieux grimoire.
D'un farfadet les tours malicieux,
D'un noir démon les fureurs sacrilèges,
Qui, pour braver les abbés et les cieux,
Des saints moutiers souillait les privilèges.
Demi glacé, d'épouvante saisi,
Je me serrais contre la châtelaine;
Et dans les yeux de damoiselle Hélène,
Il me semblait voir l'amour tout transi.
Il ne faut pas rire de cette histoire !
Le mécréant la siffle avec dessein.
Je veux conter à mon cher auditoire
Celle qu'hier un savant capucin
Dévotement déposa dans mon sein.
Il la tenait d'un vieil anachorète
Qui la tenait d'un grave pèlerin :
A Rome elle est gravée en pur airain,
M'a-t-il juré d'un air franc et serein,
Tout en vidant ma dernière burette.
Non loin du Nil, aux pieds de ces tombeaux
Qui vers le ciel dressent leur tête immense,
Où de la mort le royaume commence.
Où, se cachant sous de pompeux lambeaux,
Des rois sans nom sommeille la démence,
Un chevalier, de Tholose natif,
Prompt au combat, en amour plus hâtif,
Léger d'argent, mais aimable, mais leste,
En bon croisé, brûlant d'un feu céleste,
Vint s'endormir. Là-bas vers l'Orient,
Déjà monté sur son trône d'opale,
L'astre des nuits au front pur et riant
Lançait les feux de sa couronne pâle.
Dans le désert, sur le sable mouvant,
Tout reposait, et le lion terrible,
Et le céraste encore plus horrible,
Jusqu'à l'Arabe au sommeil décevant.
L'air était lourd, la nature en silence,
Quand tout-à-coup auprès du chevalier,
Tenant en main un flambeau qu'il balance,
Un nain paraît, vrai lutin à lier;
D'un vert de pré, d'une pourpre éclatante,
Ses vêtemens unissaient les couleurs;
D'un front ridé, sous un bonnet de fleurs,
Il déguisait la pâleur effrayante.
Rien qu'à sa vue, et sans savoir son nom,
On l'aurait pris pour varlet du démon
Dont avec joie il portait la livrée.
Bien qu'à Satan son ame fût livrée,
Le drôle alors parcourait librement
La terre et l'eau comme le firmament.
Du Tholosain sans peur et sans reproche
Le farfadet, agitant son fallot,
Mystérieux et sans dire un seul mot,
D'un pas furtif légèrement s'approche.
Au vif éclat du magique flambeau,
Notre croisé s'éveille et se relève ;
D'une main prompte il a saisi son glaive ;
Et, s'adossant contre le vieux tombeau,
Attend sans peur l'ennemi qu'il soupçonne
Mais alentour son ½il ne y oit personne.
A quelques pas, et sur le Sphinx huché,
Le farfadet qui souvent déraisonne
Pour cette fois prudemment s'est caché.
Bientôt pourtant en trois bonds il s'élance ;
Près du Gascon il arrive soudain ;
Il lui sourit avec un fier dédain,
Sans néanmoins s'approcher de sa lance.
Il lui fait signe et semble l'engager
A méconnaître, à braver le danger,
Danger réel pour qui plein de vaillance
Consent à suivre un malveillant lutin.
Mais le guerrier, au c½ur noble et hautain,
Marche au follet et le suit en silence ;
Dans le péril jamais il ne balance :
Les preux gascons affrontent le destin.
A quelques pas de la ruine antique,
Et sous l'abri d'un énorme portique,
Un escalier en spirale tourné
S'offre aux regards du héros étonné;
Le farfadet et s'y jette et l'invite
A l'imiter. L'autre, au bord amené,
Sans s'arrêter le descend au plus vite,
En oubliant d'invoquer le saint nom,
Le nom puissant qui fait fuir le démon.
De son malheur ce fut là le principe ;
Son ennemi, l'ayant ainsi conduit,
Rit aux éclats, l'enferme en un réduit.
De son fallot la clarté se dissipe,
Et le follet, trop heureux quand il nuit,
Soudain s'échappe en criant bonne nuit.
A cet adieu dont il sent la malice,
Le chevalier, honteux d'être joué,
Ne trouvait plus le follet enjoué ;
Il eût voulu le tenir dans la lice ;
Et, jurotant, disait que la police
Etait mal faite au pays sarrasin.
En ce moment, contre un pilier voisin
Il s'est heurté; dans sa marche, il chancelle,
Trébuche, tombe et dans un trou profond.
Pour cette fois, avant d'aller au fond,
Il se disait : «Adieu, coursier et selle;
« Adieu, Tholose ; adieu, gente pucelle ;
« Adieu, vous tous que j'aimais tendrement;
«Je vais lancer ma dernière étincelle;
«Je vais mourir dans ce vieux monument
«Sans absolvo, comme sans testament.
Comme il parlait, un grand filet l'enserre ;
Puis, ô prodige! il devient perroquet ;
Sa large main s'allonge en forte serre ;
Mais du pays il garde le caquet :
C'était vraiment un oiseau fort coquet.
Pour un croisé quelle triste aventure ?
D'un chat malin devenir la pâture,
Ou se noyer dans le moindre baquet !
Auprès de lui, sur des tables dressées.
Il aperçoit en de brillants cristaux
Des fruits exquis, trente liqueurs glacées,
Et deux cents mets sur de riches plateaux.
A la clarté d'odorantes bougies,
Et sous un dôme où toutes les magies,
Réunissant leur pouvoir enchanté,
Avaient fondu ces nombreuses merveilles
Que le génie invente dans ses veilles
Pour quelque sot rempli de vanité,
Nymphe jolie, à la taille légère,
Aux blonds cheveux en boucles arrondis,
Au pied de reine, au teint d'une bergère,
Et telle enfin qu'ange du paradis
Était assise ; une robe élégante
Relevait bien sa parure fringante.
Tout était charme en elle, tout plaisait,
Et le malin par elle séduisait.
Oh ! du malin qui ne sait l'artifice?
Chers auditeurs, il rôde autour de nous ;
Et s'il nous trouve en quelque rendez-vous,
Zeste, il nous jette au fond du précipice.
Notre Gascon, du ciel abandonné,
A son pouvoir s'était déjà donné,
Et Lucifer en faisait son trophée.
Au doux aspect de la charmante Fée,
Le chevalier sent l'amour dans son c½ur ;
Il veut parler et peindre sa tendresse ;
Point. Il ne peut; une magique adresse
Ne lui permet qu'un cri rauque et moqueur
Baisez, Jacquot! C'est tout ce qu'il sait dire.
D'un tel propos il voudrait se dédire,
Quand tout-à-coup la nymphe a demandé
Que cet oisel au tant riche plumage,
A son plaisir désormais accordé,
Vienne auprès d'elle essayer son ramage.
Tout aussitôt on apporte une cage
En beau fil d'or, aux pilastres d'argent,
Et contournée en forme de bocage.
Le chevalier en ce péril urgent
Cherche à s'enfuir.
On met à sa poursuite
Vingt farfadets ; un tel péril l'excite ;
Il fuit, il vole en l'autre appartement;
Il aperçoit une blanche baguette ;
Il s'en saisit : par ce charme inconnu,
Homme soudain il est redevenu.
Tout en dépit de l'enfer qui le guette,
Et pour finir son rôle heureusement,
Il vous enfile à travers sa baguette,
Comme en lieu sûr, le féique instrument.
Dès-lors il règne en ce palais magique ;
Il s'en assure ; et pour lors moins bénin :
«Or ça, dit-il d'une voix énergique,
«En perroquet qu'on transforme le nain ;
«Il m'a joué, qu'à mon tour je le joue.»
Puis, s'approchant de la jeune beauté,
Il va sans peur la baiser à la joue,
Et puis se met à table à son côté.
Il était beau, brave, aimable; il sut plaire.
Mon capucin dit que d'un doux salaire
Pour ses péchés on le récompensa ;
Mais sur ce point je ne sais trop que dire,
Et je me tais par frayeur de médire.
Il est bien vrai qu'à l'aube il s'éclipsa ;
Qu'il reparut auprès des Pyramides,
La bouche en feu, les yeux encore humides
Et qu'à travers la plaine il s'avança.
Dès-lors suivi d'une image importune,
Et de la Fée adorant les appas,
Il la cherchait, il ne la trouvait pas ;
Et ce tourment causait son infortune.
Poison d'amour fermentait dans son c½ur,
Et du croisé le malin fut vainqueur.
Notre Gascon en mauvaise posture,
Faible au combat, fuyant les longs travaux,
Ne quêtait plus périlleuse aventure,
Et sans rougir regardait ses rivaux
Courant chercher, et par monts et par vaux,
Maures à vaincre, enchanteurs à pourfendre.
Il n'aurait pu lui-même se défendre;
Et de ses v½ux, osant se dégager,
Loin des lieux saints qu'au glaive il abandonne
Il part, il fuit sur un esquif léger :
Le malheureux ! que le ciel lui pardonne.
Mais sur les flots il est plus d'un danger;
Dans l'air brûlant la tempête commence :
Entendez-vous mugir la mer immense?
Déjà l'effroi saisit le passager.
Voici venir cette masse écumante
Qui pousse au loin avec vélocité
Le frêle esquif au hasard emporté,
Et qui ne peut éviter la tourmente.
L'éclair a lui ; de la foudre en fureur
A retenti soudain la voix terrible ;
La mort la suit; ô Dieu! qu'elle est horrible!
Périr ainsi, périr dans son erreur!
Que saint André, mes amis, nous préserve
De ce péril, que le Seigneur réserve
Aux mécréants dont l'ame en désarroi
Trahit toujours et l'Église et le roi,
A l'hérétique, à ces hommes infâmes
Prenant notre or et caressant nos femmes.
Le chevalier nage seul sur la mer,
Son bras nerveux fend la vague irritée,
Dans le trajet boit plus d'un coup amer,
Et gagne enfin une rive écartée :
Triste pays, des rochers, des marais,
Point d'épis d'or, parure des guérêts ;
Point de bocage aux routes solitaires,
Aux frais abris, au mol et vert gazon;
Théâtre heureux, dans la jeune saison,
Des jeux d'amour et des plus doux mystères
Là tout est nu ; l'oiseau n'a point de chant,
Et seul dans l'air rôde l'Autour méchant.
Au beau milieu de ces plaines glacées,
Une chaumière, effroyable manoir,
Que l'on forma de roches entassées
Et que le temps couvrit d'un manteau noir,
S'offre au guerrier : vers elle il s'achemine,
Lorsqu'apparaît à son ½il peu séduit
Vieille hideuse, à la sinistre mine,
S'enveloppant d'un voile d'étamine,
Et se disant reine de ce réduit.
Le naufragé, que son aspect tourmente,
Mais que la faim et talonne et conduit,
D'un ton courtois d'abord la complimente....
Besoin vulgaire, où l'auras-tu conduit?
La flatterie enchante la vieillesse,
Cette Baucis ne lui résiste pas;
Du paladin elle guide les pas,
Et seul enfin un instant ne le laisse,
Lui souriant, lui tenant gai propos,
Lui demandant sans y mettre d'adresse
S'il a le c½ur tourné vers la tendresse,
Le corps robuste et le jarret dispos.
Le malheureux, au jour de sa détresse,
Voulait souper et point telle maîtresse;
Il s'excusait, rejetant sa langueur
Sur l'onde amère à grands flots avalée.
«Cest donc cela, dit Baucis consolée;
«Que ce Schiras vous prête sa vigueur.»
Au pied du mur on mettait son courage ;
Les lois d'ailleurs de l'hospitalité
Lui commandaient la générosité ;
Car sans cela c'eût été vraiment rage.
En ce moment, dans un coin du taudis,
Le chevalier aperçoit une cage
Aux grilles d'or, aux pilastres d'argent,
Et contournée en forme de bocage ;
Plus un oisel au plumage changeant,
Beau perroquet, et disant à merveille :
«Baisez, Jacquot! O vous qu'amour éveille,
«Songez à moi dans ce péril urgent.»
Le chevalier aussitôt se rappelle
Le nain pervers des champs égyptiens ;
Serait-il là soutenu par les siens?
Dans le foyer saisissant une pelle,
Il s'en fait arme ; il a perdu son fer
Lors du naufrage ; et, s'il faut se débattre
Contre un lutin messager de l'enfer,
Qu'il soit au moins en passe de combattre....
Mais, nouveau coup bien fait pour l'étonner,
Tout aussitôt on entend Dieu tonner ;
En mille éclats se brise la chaumière,
Et, dans le fond d'un palais de lumière,
S'offre à ses yeux confondus et surpris
Baucis non plus, mais la nymphe première
Dont les attraits lui parurent sans prix.
Ne craignant plus la hideuse fermière,
A ses genoux il tombe tout surpris....
Depuis ce jour il vit dans la mollesse,
Dans des plaisirs indignes d'un héros ;
L'honneur le fuit, la vertu le délaisse,
Quand il s'endort sur de riches carreaux.
Depuis ce jour, une ivresse importune
Le plonge, hélas ! dans un honteux repos ;
La gloire en vain le rappelle aux drapeaux
L'amour devient sa gloire et sa fortune.
Il a perdu tout désir de renom ;
Et, s'oubliant près de nymphe jolie,
En châtiment de sa longue folie
Il voit enfin mourir jusqu'à son nom.
Ce nom éteint n'est plus dans la mémoire,
Lui qui devait triompher du trépas,
Ne revit point dans un savant mémoire,
Et sur la tombe on ne le trouve pas.
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# Online seit Mittwoch, 09. April, 2008 um 15:26

le magnifique c'est moi mdr de la fontaine mdr juju le magnifique ça sonne bien super cool !

le magnifique c'est moi mdr de la fontaine mdr juju le magnifique ça sonne bien super cool   !


Un peu d'esprit, beaucoup de bonne mine,
Et plus encor de libéralité,
C'est en amour une triple machine
Par qui maint fort est bientôt emporté;
Rocher fût-il; rochers aussi se prennent.
Qu'on soit bien fait, qu'on ait quelque talent,
Que les cordons de la bourse ne tiennent:
Je vous le dis, la place est au galant.
On la prend bien quelquefois sans ces choses.
Bon fait avoir néanmoins quelques doses
D'entendement, et n'être pas un sot:
Quant à l'avare, on le hait; le magot
A grand besoin de bonne rhétorique:
La meilleure est celle du libéral.
Un Florentin nommé le Magnifique
La possédait en propre original.
Le Magnifique était un nom de guerre
Qu'on lui donna; bien l'avait mérité:
Son train de vivre et son honnêteté,
Ses dons surtout, l'avaient par toute terre
Déclaré tel; propre, bien fait, bien mis,
L'esprit galant, et l'air des plus polis.
Il se piqua pour certaine femelle
De haut état. La conquête était belle:
Elle excitait doublement le désir:
Rien n'y manquait, la gloire et le plaisir.
Aldobrandin était de cette dame
Bail et mari: pourquoi bail? Ce mot-là
Ne me plaît point; c'est mal dit que cela;
Car un mari ne baille point sa femme.
Aldobrandin la sienne ne baillait;
Trop bien cet homme à la garder veillait
De tous ses yeux; s'il en eût eu dix mille,
Il les eût tous à ce soin occupés:
Amour le rend, quand il veut, inutile;
Ces Argus-là sont fort souvent trompés.
Aldobrandin ne croyait pas possible
Qu'il le fût onc; il défiait les gens.
Au demeurant il était fort sensible
A l'intérêt, aimait fort les présents.
Son concurrent n'avait encor su dire
Le moindre mot à l'objet de ses voeux:
On ignorait, ce lui semblait, ses feux,
Et le surplus de l'amoureux martyre;
(Car c'est toujours une même chanson).
Si l'on l'eût su, qu'eût-on fait? Que fait-on?
Jà n'est besoin qu'au lecteur je le die.
Pour revenir à notre pauvre amant,
Il n'avait su dire un mot seulement
Au médecin touchant sa maladie.
Or le voilà qui tourmente sa vie,
Qui va, qui vient, qui court, qui perd ses pas:
Point de fenêtre et point de jalousie
Ne lui permet d'entrevoir les appas
Ni d'entr'ouïr la voix de sa maîtresse.
Il ne fut onc semblable forteresse.
Si faudra-t-il qu'elle y vienne pourtant.
Voici comment s'y prit notre assiégeant.
Je pense avoir déjà dit, ce me semble,
Qu'Aldobrandin homme à présents était;
Non qu'il en fît, mais il en recevait.
Le Magnifique avait un cheval d'amble,
Beau, bien taillé, dont il faisait grand cas:
Il l'appelait, à cause de son pas,
La haquenée. Aldobrandin le loue:
Ce fut assez; notre amant proposa
De le troquer; l'époux s'en excusa:
Non pas, dit-il, que je ne vous avoue
Qu'il me plaît fort; mais à de tels marchés
Je perds toujours. Alors le Magnifique,
Qui voit le but de cette politique,
Reprit: Eh bien, faisons mieux; ne troquez;
Mais, pour le prix du cheval, permettez
Que, vous présent, j'entretienne Madame.
C'est un désir curieux qui m'a pris.
Encor faut-il que vos meilleurs amis
Sachent un peu ce qu'elle a dedans l'âme.
Je vous demande un quart d'heure sans plus.
Aldobrandin l'arrêtant là-dessus:
J'en suis d'avis; je livrerai ma femme?
Ma foi, mon cher, gardez votre cheval.
- Quoi, vous présent? - Moi présent. - Et quel mal
Encore un coup peut-il en la présence
D'un mari fin comme vous arriver?
Aldobrandin commence d'y rêver:
Et raisonnant en soi: Quelle apparence
Qu'il en mévienne en effet moi présent?
C'est marché sûr; il est fol; à son dam;
Que prétend-il? Pour plus grande assurance,
Sans qu'il le sache, il faut faire défense
A ma moitié de répondre au galant.
Sus, dit l'époux, j'y consens. - La distance
De vous à nous, poursuivit notre amant,
Sera réglée, afin qu'aucunement
Vous n'entendiez. Il y consent encore;
Puis va quérir sa femme en ce moment.
Quand l'autre voit celle-là qu'il adore,
Il se croit être en un enchantement.
Les saluts faits, en un coin de la salle
Ils se vont seoir. Notre galant n'étale
Un long narré, mais vient d'abord au fait.
Je n'ai le lieu ni le temps à souhait,
Commença-t-il; puis je tiens inutile
De tant tourner; il n'est que d'aller droit.
Partant, Madame, en un mot comme en mille,
Votre beauté jusqu'au vif m'a touché.
Penseriez-vous que ce fût un péché
Que d'y répondre? Ah je vous crois, Madame,
De trop bon sens. Si j'avais le loisir,
Je ferais voir par les formes ma flamme,
Et vous dirais de cet ardent désir
Tout le menu. Mais que je brûle, meure,
Et m'en tourmente, et me dise aux abois,
Tout ce chemin que l'on fait en six mois,
Il me convient le faire en un quart d'heure:
Et plus encor; car ce n'est pas là tout.
Froid est l'amant qui ne va jusqu'au bout,
Et par sottise en si beau train demeure.
Vous vous taisez? pas un mot! Qu'est-ce là?
Renvoyrez-vous de la sorte un pauvre homme?
Le Ciel vous fit, il est vrai, ce qu'on nomme
Divinité; mais faut-il pour cela
Ne point répondre alors que l'on vous prie?
Je vois, je vois; c'est une tricherie
De votre époux: il m'a joué ce trait;
Et ne prétend qu'aucune repartie
Soit du marché; mais j'y sais un secret.
Rien n'y fera pour le sûr sa défense.
Je saurai bien me répondre pour vous:
Puis ce coin d'oeil, par son langage doux,
Rompt à mon sens quelque peu le silence.
J'y lis ceci: Ne croyez pas, Monsieur,
Que la nature ait composé mon coeur
De marbre dur. Vos fréquentes passades,
Joutes, tournois, devises, sérénades,
M'ont avant vous déclaré votre amour.
Bien loin qu'il m'ait en nul point offensée,
Je vous dirai que dès le premier jour
J'y répondis, et me sentis blessée
Du même trait. Mais que nous sert ceci?
- Ce qu'il nous sert? Je m'en vais vous le dire:
Etant d'accord, il faut cette nuit-ci
Goûter le fruit de ce commun martyre;
De votre époux nous venger et nous rire;
Bref le payer du soin qu'il prend ici;
De ces fruits-là le dernier n'est le pire.
Votre jardin viendra comme de cire:
Descendez-y; ne doutez du succès:
Votre mari ne se tiendra jamais
Qu'à sa maison des champs, je vous l'assure,
Tantôt il n'aille éprouver sa monture.
Vos douagnas en leur premier sommeil,
Vous descendrez sans nul autre appareil
Que de jeter une robe fourrée
Sur votre dos, et viendrez au jardin.
De mon côté l'échelle est préparée.
Je monterai par la cour du voisin:
Je l'ai gagné: la rue est trop publique.
Ne craignez rien. - Ah mon cher Magnifique
Que je vous aime! et que je vous sais gré
De ce dessein! Venez, je descendrai.
- C'est vous qui parle; et plût au Ciel, Madame,
Qu'on vous osât embrasser les genoux!
- Mon Magnifique, à tantôt; votre flamme
Ne craindra point les regards d'un jaloux.
L'amant la quitte; et feint d'être en courroux;
Puis, tout grondant: Vous me la donnez bonne,
Aldobrandin; je n'entendais cela.
Autant vaudrait n'être avecque personne
Que d'être avec Madame que voilà.
Si vous trouvez chevaux à ce prix-là,
Vous les devez prendre sur ma parole.
Le mien hennit du moins; mais cette idole
Est proprement un fort joli poisson.
Or sus, j'en tiens; ce m'est une leçon;
Quiconque veut le reste du quart d'heure
N'a qu'à parler; j'en ferai juste prix.
Aldobrandin rit si fort qu'il en pleure.
Ces jeunes gens, dit-il, en leurs esprits
Mettent toujours quelque haute entreprise.
Notre féal vous lâchez trop tôt prise;
Avec le temps on en viendrait à bout.
J'y tiendrai l'oeil; car ce n'est pas là tout;
Nous y savons encor quelque rubrique:
Et cependant, Monsieur le Magnifique,
La haquenée est nettement à nous:
Plus ne fera de dépense chez vous.
Dès aujourd'hui, qu'il ne vous en déplaise,
Vous me verrez dessus fort à mon aise
Dans le chemin de ma maison des champs.
Il n'y manqua, sur le soir; et nos gens
Au rendez-vous tout aussi peu manquèrent.
Dire comment les choses s'y passèrent,
C'est un détail trop long; lecteur prudent,
Je m'en remets à ton bon jugement.
La dame était jeune, fringante et belle,
L'amant bien fait, et tous deux fort épris.
Trois rendez-vous coup sur coup furent pris:
Moins n'en valait si gentille femelle.
Aucun péril, nul mauvais accident,
Bons dormitifs en or comme en argent
Aux douagnas, et bonne sentinelle.
Un pavillon vers le bout du jardin
Vint à propos; messire Aldobrandin
Ne l'avait fait bâtir pour cet usage.
Conclusion, qu'il prit en cocuage
Tous ses degrés; un seul ne lui manqua,
Tant sut jouer son jeu la haquenée:
Content ne fut d'une seule journée
Pour l'éprouver; aux champs il demeura
Trois jours entiers; sans doute ni scrupule.
J'en connais bien qui ne sont si chanceux;
Car ils ont femme, et n'ont cheval ni mule,
Sachant de plus tout ce qu'on fait chez eux.
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# Online seit Mittwoch, 09. April, 2008 um 15:24

Amérindien tu est et tu restera meme caché dans un corp blanc tu sais que tu l'est !!!

Amérindien tu est et tu restera meme caché dans un corp blanc tu sais que tu l'est !!!


C'était la nuit.
Le pays indien était enveloppé d'une telle obscurité
Que personne ne pointait le nez hors de son teepee.
Seul le vent soupirait dans les hauteurs lointaines.

Pourtant un groupe d'hommes s'avançait
Sur le sentier longeant la Baie des Serpents, sous le couvert de taillis touffus.
Ils allaient à pas de loup, évitant de faire craquer les brindilles et sans souffler mot.
Les Dakotas s'étaient élancés sur le sentier de la guerre
Et, ici, nous voyons une compagnie de guerriers
Se hâter pour surprendre l'ennemi avant le lever du jour.
Ils marchaient ou couraient, toujours en silence.
Des éclaireurs les précédaient,
Tandis qu'une arrière-garde les protégeait de toute surprise.

Le sentier, quittant la prairie, les conduisit à un petit bosquet.
" Faisons halte ici, " dit leur chef, élevant la voix pour la première fois.
" L'endroit est isolé - nous pouvons même y allumer un feu. "
A l'instant, les guerriers firent un tas d'herbes sèches et de bois mort,
Et les flammes brillèrent aussitôt.

Tout autour, ils s'installèrent confortablement,
Les uns se mettant à réparer leurs mocassins déchirés,
D'autres passant en revue leurs arcs et flèches,
D'autres encore s'affairant à la préparation d'un repas.
En attendant le souper, les plus âgés se mirent à raconter des histoires.
Naturellement, il s'agissait de batailles et d'aventures étranges,
Arrivées il y a bien longtemps.
Ils parlaient d'un puissant talisman qui avait protégé de nombreuses vies.
Ils disaient comment un carquois magique
Transformait les flèches ennemies en boomerang,
Qui retournaient percer au c½ur celui qui les avait lancées ;
Comment de belles jeunes filles étaient venues du Pays des Ombres,
Pour séduire les plus braves et les entraîner avec elles
Dans les régions d'où l'on ne revient pas.
Le feu écoutait tous ces contes
En lançant silencieusement sa fumée jusqu'aux vertes frondaisons.
Mais, au moment où un vieil Indien chenu se levait pour dire la prière solennelle,
Il se mit à pétiller et à craquer, lançant des étincelles dans toutes les directions.

Au même instant, se produisit un phénomène plus étrange encore.
On entendit un chant s'élever des arbres voisins.

La voix monta, s'amplifia jusqu'à remplir tout le bosquet d'une triste mélodie,
Puis s'amenuisa, se fit ténue et se confondit avec les soupirs du vent.
" Eteignez le feu ! " chuchota le chef.
L'arc tendu, prêt à tirer, il s'éloigna dans l'obscurité.
Comme obéissant à un ordre secret, la Lune sortit des nuages
Et son pâle reflet illumina les troncs argentés des bouleaux.
Les guerriers s'avancèrent prudemment dans l'herbe humide,
Observant avec méfiance les ombres des branches tordues,
Qui se balançaient au vent.
Le chant se poursuivait toujours
Et il devenait plus net, au fur et à mesure
Que l'on se rapprochait d'un orme plus haut que les autres, à l'extrémité du petit bois.
Les guerriers formèrent alors un large cercle autour de l'arbre mystérieux,
Avançant lentement, pas à pas.
Leur cercle se rétrécissait et le chant montait,
Montait jusqu'à une note aiguë,
Et s'éteignait aussi vite qu'il avait commencé.
Les guerriers, concentrés maintenant au pied de l'orme vénérable,
L'examinaient de haut en bas,
Scrutant son tronc ravagé par les intempéries et ses racines emmêlées.

Et alors, dans un creux des racines,
Ils découvrirent un petit tas d'ossements blanchis.
C'étaient les restes d'un guerrier inconnu.
Près du crâne gisait son arc brisé
Et, un peu plus loin, quelques flèches étaient éparpillées.
" Ce que nous venons d'entendre et de voir indique
Que ceci est le dernier lieu de repos d'un héros qui a sacrifié sa vie pour les autres, "
Dit le chef, rompant le silence qui s'était établi.
Et il poursuivit :
" La mort même ne peut faire taire la voix d'un tel héros.
Son chant se poursuit inlassablement
Jusqu'à ce qu'enfin il soit perçu par des oreilles vivantes
Qui captent son message.
C'est ce qui vient de se produire.
Et maintenant, c'est à nous qu'il incombe
De porter ce chant et son message sur le devoir le plus sacré,
Celui de nous sacrifier pour les autres.
Ce chant, nous devons le garder dans notre mémoire et nous plier à son ordre
Jusqu'à ce qu'à notre tour nous rejoignions le Pays des Ombres.
Alors notre chant à nous, lui aussi, deviendra immortel et éternel. "
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# Online seit Mittwoch, 09. April, 2008 um 15:15

la fleur eternel de l'Amour : légende ou pas ? moi jtrouve que non car jen trouvent souvent ! ! !!

la fleur eternel de l'Amour : légende ou pas ? moi jtrouve que non car jen trouvent souvent  ! ! !!
tu est la fleur la plus recherché au monde la plus convoiter la mystique la plus légendaire et mysterieuse légende.
Certain ton cherché et te chercheron toute leur vie Mais il ne trouveron jamais si il la cherche pas a l'interieur de toi car elle est en toi chérie .
Cette flur unique en son genre , obtenu par le travail des Dieux et de la Nature , tu fera toujours fantasmé les Hommes et les livres de contes de fées.
Sache que je l'ais remarquer et trouver et je ferais tout pour la protéger contre ces gens qui rempli d'égoisme d'orgueuil de démance en eux ferons tout pour la détruire cette fleur eternel d'Amour qui brules en chacun de nous pour celui qui aura la capacité de la voir .
Cacher au coeur d'une déesse radieuse et rayonnante, au plus profond de l'Âme qu'il l'habite porter par l'Amour sincère que je lui porte et apporte elle s'illumine , sourie et s'ouvre comme l'arrivé des premières lueur de rayons de soleil qui caresse notre beau si pure et si blanche .
Elle donne protection , énergie , et longue vie à ceux qui la voi en elle !!!!!
Seul les personne au coeur pure à l'esprit saint et à l'Âme d'un enfant ou d'une enfant poura la voire et la toucher et permettre a celle-çi de s'éveiller , murire et de donner un Amour sincères et fort comme les liens des racines des grands figuier étrangleur qui après 2000ans sont encore présent dans nos foret équatorial que j'ador y poser mon regards et partagé ses souvenir et les miennes !! ! ! ! ! ! ! !! ! ! ! ! !! chaques personnes cache cette fleur unique au monde , si vous la voyer vous pouvez donner nimporte quoi mais rien n'égalera la valeur de cette splandeur car elle na aucun prix , certaine personne la voi dans chacune des personnes qu'il connais donc pour cette personne c'est tres dure pour trouver exactement la bonne c'est le cas de moi ! ! !!
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# Online seit Mittwoch, 09. April, 2008 um 14:54